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Bola apprend et s'interroge sur nos us et coutumes



 

Bola apprend et s'interroge sur nos us et coutumes

 

Le Béninois de 24 ans vient de passer quelque temps en Vendée. ll délivre ses sentiments d'Africain sur notre vie de français. Instructif.
Rencontre
La Mothe-Achard. « Il faut le vivre pour bien le comprendre, ça caille vraiment ici ! », peste Bola, tout en déployant son large sourire. Ce fut sa première perception en arrivant à l'aéroport nantais. Le Béninois de 24 ans vient de passer plusieurs semaines à la maison familiale rurale, en service civique.
« Nous ne parlons pas le même français »
Sa première remarque est inattendue et concerne la langue. Il reconnaît que « nous ne parlons pas la langue française de la même manière. Les mots ne sont parfois pas les mêmes. On a souvent l'obligation de se répéter pour se faire comprendre ». Alors ; la langue française est-elle devenue plurielle ? Peut-être. Bola, fier de son expression française, veut défendre son modèle et son parler: « En réalité, nous faisons aussi des efforts pour vous entendre et vous comprendre », lance malicieusement celui qui est licencié en agronomie à l'université du Bénin.
Instruit et ouvert sur le monde, Bola a un oeil scrutateur qui sourit ou qui admire, un oeil parfois méfiant et qui peut griffer. Ainsi est-il éberlué devant nos facilités de transports, routes, train, avions... et les compare avec celles de son pays, « vos routes sont en bon état ! Les transports sont faciles et tout va vite ! », avec son corollaire : « On n'a pas de temps à perdre. On est toujours pressé ! »
Le respect et l'humain
S'il ne cache pas son admiration sur l'omniprésence de la technologie qui s'infiltre partout, sur l'utilisation des robots et de l'informatique, il en égratigne ses déviances, parmi la principale : l'effacement de l'humain. Ainsi, reste-t-il interloqué devant un photomaton, devenu pour lui presque un symbole:« avec le photomaton, on peut faire des photos d'identité sans même dire bonjour ! »
Il pointe ce qui serait des écarts de respect notamment entre les générations : « Nous n'avons pas le même rapport avec les personnes âgées. Chez nous, elles sont très présentes. Ce n'est pas le cas ici, ça m'a beaucoup touché. »
L'argent avant tout
Bola demeure dubitatif sur le modèle qui se transmet quasi inéluctablement dans son pays, « le développement, d'accord ! Mais ici, il faut toujours maximiser le profit dans un esprit capitaliste », déplore-t-il et il s'étonne du comportement des salariés qui, avant tout, « travaillent pour gagner de l'argent en pensant à leurs vacances d'été ».
Il note qu'en France, les jeunes se désintéressent de la politique, alors que « chez nous, on parle politique tous les jours » tout en reconnaissant « plus de proximité chez les politiciens français ».